Communiqué de presse

Les utilisateurs d’Engin Personnel de Déplacement Motorisé, ou EDPM, veulent se faire entendre !

Qui n’a jamais croisé une trottinette électrique, transportant en silence son utilisateur à la mine ravie ? Ou, plus rare, un « wheeler », ou utilisateur de monoroue électrique, semblant à la fois flotter au dessus du sol et danser dans les virages ? Ces nouveaux modes de déplacement personnel ont fleuri ces dernières années aussi bien dans les villes et les campagnes, portés par les progrès technologiques mais aussi par une volonté de se déplacer mieux, plus librement, plus facilement et plus écologiquement(1).

Les EDPM offrent à leurs utilisateurs nombre d’avantages et possibilités. Passé le coût d’acquisition bien moindre qu’une voiture d’occassion, leur utilisation dans le silence de la propulsion électrique se révèle plaisante, non émettrice de CO2 (1), et peu onéreuse au quotidien : moins de 30 centimes d’euro pour 100km, contre près de 6€ pour un petit véhicule thermique ! De plus, leur faible encombrement permet de naviguer aisément dans la une circulation plus dense à l’image d’une moto, tout en pouvant être « rangé sous le bureau » une fois arrivé : finis les problèmes de stationnement ! Et quand le week-end arrive, ce sont les compagnons idéaux des balades en famille. Des arguments qui séduisent de plus en plus de gens : on estime à 400 000 le nombre de trottinettes vendues en France, et 10 000 le nombre de roues électriques.

Mais un grain de sable venu des grandes métropoles s’est insinué dans ce si bel équilibre il y a environ un an : les trottinettes en libre service, ou « free floating ».  Pratiques, peu onéreuses, il suffit d’une application sur son smartphone pour les débloquer, les utiliser pour quelques centimes d’euro la minute et les déposer n’importe ou ensuite (littéralement). Ce qui aurait pu être une solution intelligente à l’engorgement du trafic urbain se révèle être un fiasco dans la pratique, ces trottinettes utilisées souvent sans se préoccuper ni du code de la route ni des autres usagers défraient quasi quotidiennement les chroniques depuis des semaines, chaque jour apportant sa nouvelle incivilité voire accident plus ou moins grave… 

Depuis peu, la simple évocation du mot « Trottinette électrique » suffit à électriser tout débat, entre ses défenseurs et ceux qui subissent peur présence anarchique.

Les EDPM, jusqu’ici inexistants dans le code de la route, bénéficiaient d’une tolérance à l’usage, la règle générale étant simplement d’être respectueux des autres usagers de la route, et tout se passait bien. Il est question depuis plusieurs années de faire entrer pleinement les EDPM dans le code de la route, l’équivalence généralement admise étant qu’ils sont comparables à des vélos. 

Malheureusement, l’entrée des EDPM au code de la route risque d’avoir un arrière goût très amer pour les utilisateurs avec un statut bien plus restrictif que celui des vélos : interdiction de rouler sur les routes hors agglomération (2), obligation pour les machines d’être limitées par construction à 20km/h assortie d’une amende de 1500€ en cas de circulation à une vitesse supérieure, et interdiction formelle de rouler sur trottoir, même à allure adaptée (sont autorisées les pistes cyclables, ou à défaut la chaussée).

Face à la mauvaise publicité faite par le “libre service” et à la tournure prise par la modification du code de la route, les propriétaires d’EDPM -trottinettes mais également roues et skates électriques- ont décidé de s’unir en association afin de faire entendre leur voix, et défendre ces modes de transport qu’ils utilisent depuis bien avant l’arrivée de ces trottinettes en « free floating » sans que cela n’ait jamais dérangé personne. Cette association, c’est l’Association Française de Défense des Propriétaires d’EDPM, ou AFDPE.

Fondée par 10 utilisateurs d’EDPM, regroupant « électrotteurs », « wheelers » ou « eskateurs » (utilisateurs trottinettes électriques, de roues électriques ou de skates électriques, respectivement), l’association ambitionne de faire entendre une voix différente dans le débat, partant du principe que les propriétaires de leur machine, parfois à plusieurs milliers d’euro, sont de facto plus responsables de leurs actes qu’une personne qui loue une machine quasi anonymement pour une somme dérisoire. Fondée mi juin 2019, l’association compte aujourd’hui plus de 1400 adhérents, tous propriétaires d’un ou plusieurs EDPM.

L’AFDPE propose de distinguer les règles pour les engins en libre service de ceux achetés et choyés par leur propriétaire, par l’intermédiaire de 3 revendications : 

1. L’autorisation de rouler là où sont autorisés les vélos, incluant le hors agglomération.

2. L’abandon du bridage matériel à 20km/h et de l’amende de 1500€, et le recours à un bridage logiciel à 25km/h.

3. La création, à moyen terme, d’une nouvelle catégorie d’EDPM dans le code de la route : les EDPM dits « rapides », pouvant atteindre 45km/h, avec éventuellement des obligations supplémentaires.

Les revendications peuvent finalement se résumer en une simple phrase : « comme les vélos » ! 

A l’heure du dérèglement climatique et des nouvelles technologies, les EDPM peuvent être une véritable part de la solution. A condition de les laisser exister, de les laisser s’intégrer au moyens de transport existants, et peut être progressivement remplacer certains modes de transport obsolètes du 20ième siècle.

(1) Une trottinette électrique émet 15 fois moins de CO2 au km qu’une petite voiture citadine récente, si l’on tient compte de l’ensemble du cycle de vie des deux appareils (fabrication, utilisation et carburant, recyclage/destruction).

(2) Sauf voies vertes et pistes cyclables; ainsi qu’exception laissée à la discrétion du pouvoir local dont on ignore la modalité d’affichage permettant aux utilisateurs de s’y retrouver